Ritical commentary of a passage from Sartres Huis Clos

Write a critical commentary of the following passage. Your answer should take into account the theme of the text, as well as the structure, style and imagery. You should also show how the passage relates to its immediate context and how it reflects wider concerns in Huis Clos.


GARCIN : Je suis mort trop tot. On ne m a pas laisse le temps de faire mes actes.

InEs : On meurt toujours trop tot ~ ou trop tard. Et cependant la vie est la, terminee : le trait est tire, il faut faire la somme. Tu n es rien d autre que ta vie.

GARCIN : Vipere ! Tu as reponse a tout.

InEs : Allons ! allons ! Ne perds pas courage. Il doit t etre facile de me persuader. Cherche des arguments, fais un effort. (Garcin hausse les epaules.) Eh bien, eh bien ? Je t avais dit que tu etais vulnerable. Ah ! comme tu vas payer a present. Tu es un lache, Garcin, un lache parce que je le veux. Je le veux, tu entends, je le veux ! Et pourtant, vois comme je suis faible, un souffle ; je ne suis rien que le regard qui te voit, que cette pensee incolore qui te pense. (Il marche sur elle, les mains ouvertes.) Ha ! elles s ouvrent, ces grosses mains d homme. Mais qu esperes-tu ? On n attrape pas les pensees avec les mains. Allons, tu n as pas le choix : il faut me convaincre. Je te tiens.

ESTELLE : Garcin !

GARCIN : Quoi ?

ESTELLE : Venge-toi.

GARCIN : Comment ?

ESTELLE : Embrasse-moi, tu l entendras chanter.

GARCIN : C est pourtant vrai, Ines. Tu me tiens, mais je te tiens aussi.
Il se penche sur Estelle. Ines pousse un cri.

InEs : Ha ! lache ! lache ! Va ! Va te faire consoler par les femmes.

ESTELLE : Chante, Ines, Chante !

InEs : Le beau couple ! Si tu voyais sa grosse patte posee a plat sur ton dos, froissant la chair et l etoffe. Il a les mains moites ; il transpire. Il laissera une marque bleue sur ta robe.

ESTELLE : Chante ! Chante ! Serre-moi plus fort contre toi, Garcin ; elle en crevera.

InEs : Mais oui, serre-la bien fort, serre-la ! Melez vos chaleurs. C est bon l amour, hein Garcin ? C est tiede et profond comme le sommeil, mais je t empecherai de dormir.
Geste de Garcin.

ESTELLE : Ne l ecoute pas. Prends ma bouche ; je suis a toi tout entiere.
InEs : Eh bien, qu attends-tu ? Fais ce qu on te dit, Garcin le lache tient dans ses bras Estelle l infanticide. Les paris sont ouverts. Garcin le lache l embrassera-t-il ? Je vous vois, je vous vois ; a moi seule je suis une foule, la foule. Garcin, la foule, l entends-tu ? (Murmurant.) Lache ! Lache ! Lache ! Lache ! En vain tu me fuis, je ne te lacherai pas. Que vas-tu chercher sur ses levres ? L oubli ? Mais je ne t oublierai pas, moi. C est moi qu il faut convaincre. Moi. Viens, viens! Je t attends. Tu vois, Estelle, il desserre son etreinte, il est docile comme un chien... Tu ne l auras pas!
GARCIN : II ne fera donc jamais nuit ?
InEs : Jamais.
GARCIN : Tu me verras toujours ?
InEs : Toujours.
Garcin abandonne Estelle et fait quelques pas dans la piece. Il s approche du bronze.
GARCIN : Le bronze... (Il le caresse.) Eh bien, voici le moment. Le bronze est la, je le contemple et je comprends que je suis en enfer. Je vous dis que tout etait prevu. Ils avaient prevu que je me tiendrais devant cette cheminee, pressant ma main sur ce bronze, avec tous ces regards sur moi. Tous ces regards qui me mangent... (Il se retourne brusquement.) Ha! vous n etes que deux ? Je vous croyais beaucoup plus nombreuses. (Il rit.) Alors, c est ca l enfer. Je n aurais jamais cru... Vous vous rappelez : le soufre, le bucher, le gril... Ah! quelle plaisanterie. Pas besoin de gril : l enfer, c est les Autres.

-END-